Processus réparateur

La Commission Motherisk a réalisé d’immenses progrès depuis sa création, il y a un an. Nous avons identifié et examiné des cas individuels de protection de l’enfance; nous avons lancé une campagne de sensibilisation auprès des groupes et communautés susceptibles d’être concernés par le travail de la Commission, y compris des enfants et des adolescents, des communautés racialisées et des communautés autochtones; nous avons offert des renseignements et du counseling aux particuliers et aux familles touchés par le manque de fiabilité des analyses capillaires effectuées par le laboratoire Motherisk Drug Testing Laboratory (le « laboratoire Motherisk ») pour détecter des drogues et de l’alcool.

Ce que nous avons appris

Depuis notre création, nous avons appris que l’utilisation des résultats d’analyses capillaires non fiables à des fins juridiques a causé un préjudice profond aux enfants et aux parents directement touchés, et a eu des répercussions négatives sur les familles au sens large et les communautés. Bien que chaque situation soit différente, certaines personnes nous ont indiqué qu’elles n’estimaient pas que des recours juridiques seraient adéquats pour réparer le tort qu’elles ont subi ou qu’elles continuent de subir.

Lors de nos discussions avec des partenaires communautaires et des partenaires des secteurs de la justice et de la protection de l’enfance, nous avons compris qu’un grand nombre d’autres personnes, qui se consacrent à la sécurité et au bien-être des enfants, ont également été touchées par leur participation à des cas qui ont utilisé des analyses capillaires du laboratoire Motherisk. La découverte que des preuves erronées avaient été utilisées pendant plus de 20 ans a aussi érodé la confiance du public envers le système de protection de l’enfance et le système de justice.

Notre examen juridique de centaines de cas individuels de protection de l’enfance, de tout l’Ontario, nous a permis de cerner quelques problèmes de nature systémique et institutionnelle qui auraient pu contribuer à l’utilisation des analyses du laboratoire. Les personnes racialisées et les Autochtones sont surreprésentés dans le système de protection de l’enfance et ils ont été particulièrement touchés.

L’examen de cas individuels fait partie intégrante du mandat de la Commission et demeure une de ses priorités. Le processus de réparation décrit ci-dessous nous aidera à collaborer avec d’autres intervenants pour répondre aux besoins et aux questions que nous relevons pendant les examens de ces cas.

Rétablir des relations et restaurer la confiance

Sur la base de ce que nous avons appris au cours de notre première année d’existence, nous avons entrepris d’examiner et de comprendre plus en profondeur les questions d’ordre systémique et institutionnel qui ont conduit au problème que nous étudions. Nous espérons cerner des stratégies pour éliminer ensemble le problème. Ce processus nous aidera à nous acquitter de notre mandat de prestation de services de soutien et d’assistance aux personnes touchées par les analyses capillaires erronées, et de liaison avec les parties et les intervenants qui ont un intérêt dans notre travail.

Notre objectif est d’examiner le passé, pas de porter des accusations. Nous voulons mieux comprendre ce qui s’est passé et poser les bases d’un avenir meilleur. Nous espérons pouvoir renforcer les relations entre les acteurs du système de protection de l’enfance et rétablir la confiance envers le système.

Ce que nous ferons

Nous offrirons aux personnes qui ont été affectées par des analyses capillaires non fiables la possibilité de raconter leur expérience en toute sécurité et en sachant que leur récit sera entendu. Leurs connaissances nous aideront à mieux comprendre ce qui s’est passé et à prévenir ce genre de situations à l’avenir.

Nous faciliterons le dialogue entre les particuliers et les organismes que nous avons relevés au cours de notre travail. Ils exprimeront des expériences et des points de vue importants et parmi eux se trouveront des personnes et des communautés qui ont été touchées par les analyses capillaires, ainsi que des partenaires gouvernementaux, communautaires et des secteurs de la protection de l’enfance et de la justice. Nous tiendrons des réunions de petite envergure avec des représentants de secteurs et communautés spécifiques. Ces réunions seront suivies de rencontres à grande échelle dans le but de rassembler les acteurs intéressés pour les encourager à exprimer leurs perspectives, à parvenir à une compréhension mutuelle et à informer en vue d’améliorer l’avenir.

Une meilleure compréhension

En ouvrant nos réunions à un vaste éventail de personnes intéressées, nous espérons mieux comprendre les points suivants :

  • Que s’est-il passé et à qui?
  • Pourquoi cela s’est-il passé?
  • Pourquoi cela devrait être important pour tous ceux et celles qui se préoccupent du bien-être des enfants et des familles?
  • Quels changements faudrait-il apporter pour éviter que ce genre de situation se reproduise?

Les leçons que nous tirerons du processus réparateur seront intégrées au rapport final de la Commission au gouvernement.

Symposium de la Commission Motherisk :
leçons apprises et regard vers l’avenir

Les 12 et 13 septembre 2017, la Commission a tenu un symposium au centre-ville de Toronto. Une centaine de personnes y ont participé, y compris des jeunes, des parents touchés par les analyses capillaires Motherisk, des intervenants en services d’aide à l’enfance, des avocats, des universitaires, des scientifiques, des porte-paroles et des travailleurs communautaires.

Ensemble, nous avons exploré des sujets qui s’avèrent essentiels à la protection de l’enfance ainsi qu’au renforcement des familles et des communautés.

Plus particulièrement, l’assurance que les preuves scientifiques utilisées pour la protection des enfants soient fiables et un meilleur accès aux services sociaux, aux renseignements juridiques et aux options de traitement des toxicomanies ont été au centre des échanges.

Le symposium se voulait la phase finale du processus de réparation de la Commission, initié au début du printemps. Nous avons entamé cette démarche afin d’engager un dialogue sur les facteurs de nature systémique ayant possiblement contribué à la dépendance des analyses Motherisk. Nous voulions également identifier des stratégies permettant d’assurer qu’une telle chose ne puisse jamais se reproduire.

Les leçons apprises grâce au symposium et aux autres rencontres, ainsi que par notre examen de plus de 900 dossiers de protection de l’enfance, permettront d’étoffer notre rapport final et nos recommandations au gouvernement.